Oublier.
J'ai peur de perdre tous ces petits moments qui ont fait et font ces trois années de prépa. Si je ne les écris pas, je vais les oublier, je le sais. J'ai trop vu de profs tellement loin de leurs élèves, comme s'ils n'étaient jamais passé par ce stade complexe et primordial dans une vie, pour admettre que je puisse oublier toute cette période de ma vie, dont je sens, tout en me plaignant, qu'elle n'est pas si affreuse, et que je la regretterai.
Ces moments de doute et d'incertitude, ces moment de fatigue physique et nerveuse, ces moments de panique avant un devoir, mais aussi ces moments de discussion passionnée pendant un cours de philo, ces moments de débat avec les profs sur le sens précis d'un mot et ses implications, ces moments de révélation de soi à l'autre debout pendant des heures dans le métro à parler, ...
Je veux me souvenir des cours de philo à côté d'Aurélien, à regarder Antoine et Raphaël dormir, montrant deux dos arrondis couchés sur une table, le même pull, un marron un bleu. À relever la tête de nos feuilles pour échanger un sourire à une énormité de Monsieur-notre-professeur. À allumer le radiateur-mur au début du cours, et à vérifier au milieu s'il est enfin chaud.
Des cours de français à échanger nos impressions avec Blanche, des remarques sur le cours, sur le gilet zippé quelque peu dégoulinant de Romain, à nous faire menacer pour nos bavardages. Des cours de philo où on débattait de la sexualité de Babar, où on révisait notre vocabulaire d'anglais ensemble.
Des heures - jusqu'à quatre - à discuter, debout dans la station Saint-Michel, avant les escaliers qui nous mènent chacune sur notre ligne, à côté des musiciens d'Amérique du Sud avec leur flûte de Pan qui couvre nos voix et nous force à la hausser (la voix), à discuter de tout et de rien, d'Adrien aux cours à rattraper en passant par la politique, de nos lectures favorites à la médisance sur les profs en passant nos complexes physiques personnels, avec Blanche toujours, et Suzie parfois - de plus en plus souvent.
Des cours d'anglais, l'an dernier à me cacher derrière mon voisin de devant, à me faire toute petite pour pas qu'elle m'interroge, et cette année à me mettre plutôt devant, et à participer parce que vraiment, c'est une prof excellente, qui fait aimer l'anglais et qui l'aime visiblement.
Et tout le reste, que j'ajouterai au fur et à mesure que ça me reviendra, pour être sûre de ne pas les perdre à jamais ni de les garder en mémoire entièrement modifiés par les ans.
Parce que quand même, c'est des chouettes années.
***
Ces moments de doute et d'incertitude, ces moment de fatigue physique et nerveuse, ces moments de panique avant un devoir, mais aussi ces moments de discussion passionnée pendant un cours de philo, ces moments de débat avec les profs sur le sens précis d'un mot et ses implications, ces moments de révélation de soi à l'autre debout pendant des heures dans le métro à parler, ...
Je veux me souvenir des cours de philo à côté d'Aurélien, à regarder Antoine et Raphaël dormir, montrant deux dos arrondis couchés sur une table, le même pull, un marron un bleu. À relever la tête de nos feuilles pour échanger un sourire à une énormité de Monsieur-notre-professeur. À allumer le radiateur-mur au début du cours, et à vérifier au milieu s'il est enfin chaud.
Des cours de français à échanger nos impressions avec Blanche, des remarques sur le cours, sur le gilet zippé quelque peu dégoulinant de Romain, à nous faire menacer pour nos bavardages. Des cours de philo où on débattait de la sexualité de Babar, où on révisait notre vocabulaire d'anglais ensemble.
Des heures - jusqu'à quatre - à discuter, debout dans la station Saint-Michel, avant les escaliers qui nous mènent chacune sur notre ligne, à côté des musiciens d'Amérique du Sud avec leur flûte de Pan qui couvre nos voix et nous force à la hausser (la voix), à discuter de tout et de rien, d'Adrien aux cours à rattraper en passant par la politique, de nos lectures favorites à la médisance sur les profs en passant nos complexes physiques personnels, avec Blanche toujours, et Suzie parfois - de plus en plus souvent.
Des cours d'anglais, l'an dernier à me cacher derrière mon voisin de devant, à me faire toute petite pour pas qu'elle m'interroge, et cette année à me mettre plutôt devant, et à participer parce que vraiment, c'est une prof excellente, qui fait aimer l'anglais et qui l'aime visiblement.
Et tout le reste, que j'ajouterai au fur et à mesure que ça me reviendra, pour être sûre de ne pas les perdre à jamais ni de les garder en mémoire entièrement modifiés par les ans.
Parce que quand même, c'est des chouettes années.
***
Publicité