22h et encore trois heures de boulot ...
Encore une preuve de la puissance colossale de "ils". "Ils" a tout le pouvoir. "Ils" peut décider ce qu'il veut, quand il veut, personne n'a son mot à dire.
"Ils" pourrait penser aux étudiants, quand "ils" fabrique les emplois du temps, au lieu de ne prendre en compte que les profs ... Bien sûr, le confort du corps enseignant est primordial - je ne doute pas un instant qu'il soit plus agréable d'avoir des cours ramassés sur deux jours plutôt qu'étalés dans la semaine -, mais tout de même ...
Nous sommes l'élite de la nation, dixerunt tous mes proviseurs successifs. L'avenir de la France. Les étudiants de l'espoir. Les garants de notre belle langue française. Et vous ne faites pas plus de cas des futurs énarques/académiciens/chômeurs du pays ?
Six heures de philo en trois jours ? Les quatre heures d'anglais dans la même journée ? Toute l'option en deux jours : cinq heures (trois de latin deux de grec) le jeudi - sans oublier les deux heures "facultatives" de 16 à 18 heures - et quatre heures le vendredi ?
Sérieusement, sept heures de langues anciennes d'affilée, avec trois quarts d'heure de pause au milieu (pour se sustenter, la culture est une torture lente, on vous réanime pour continuer), avec le même prof ? Et l'intérêt serait ? Parce qu'honnêtement, avoir cours de 8 à 18 heures dans la même salle, en changeant seulement deux fois de matière ...
Accessoirement, l'étude d'un texte ancien requiert une attention constante, chaque seconde d'inattention pouvant annuler l'intérêt de l'écoute globale - bien entendu, la concentration est de mise pour les autres sciences humaines de notre brillant cursus.
Tout juste finies ces heures de cours interminables (quoique agréables), l'appel du texte se fait pressant, l'élève cède, et le voilà reparti à déchiffrer. Demain est un autre jour, oui, vendredi précisément. Itaque latin et grec. Igitur un texte dans chaque matière. Ergo etiam soixante-dix lignes de vocabulaire à chercher, de constuctions à élucider, de civilisations à comprendre. De fous rires en cours, parfois aussi, mais jamais seul le soir chez soi, curieusement.
Reconnaître un khâgneux, c'est simple : il a un bouquin dans les mains, des cernes sous les yeux, un sourire usé sur les lèvres. Elle est belle, l'élite de la France ...
Sur ce, je vous laisse, Lucien et Quinte-Curce m'attendent dans le boudoir, Pantagruel ne devrait plus tarder, puis dîner mondain chez Poincarré. Bonne nuit ...
"Ils" pourrait penser aux étudiants, quand "ils" fabrique les emplois du temps, au lieu de ne prendre en compte que les profs ... Bien sûr, le confort du corps enseignant est primordial - je ne doute pas un instant qu'il soit plus agréable d'avoir des cours ramassés sur deux jours plutôt qu'étalés dans la semaine -, mais tout de même ...
Nous sommes l'élite de la nation, dixerunt tous mes proviseurs successifs. L'avenir de la France. Les étudiants de l'espoir. Les garants de notre belle langue française. Et vous ne faites pas plus de cas des futurs énarques/académiciens/chômeurs du pays ?
Six heures de philo en trois jours ? Les quatre heures d'anglais dans la même journée ? Toute l'option en deux jours : cinq heures (trois de latin deux de grec) le jeudi - sans oublier les deux heures "facultatives" de 16 à 18 heures - et quatre heures le vendredi ?
Sérieusement, sept heures de langues anciennes d'affilée, avec trois quarts d'heure de pause au milieu (pour se sustenter, la culture est une torture lente, on vous réanime pour continuer), avec le même prof ? Et l'intérêt serait ? Parce qu'honnêtement, avoir cours de 8 à 18 heures dans la même salle, en changeant seulement deux fois de matière ...
Accessoirement, l'étude d'un texte ancien requiert une attention constante, chaque seconde d'inattention pouvant annuler l'intérêt de l'écoute globale - bien entendu, la concentration est de mise pour les autres sciences humaines de notre brillant cursus.
Tout juste finies ces heures de cours interminables (quoique agréables), l'appel du texte se fait pressant, l'élève cède, et le voilà reparti à déchiffrer. Demain est un autre jour, oui, vendredi précisément. Itaque latin et grec. Igitur un texte dans chaque matière. Ergo etiam soixante-dix lignes de vocabulaire à chercher, de constuctions à élucider, de civilisations à comprendre. De fous rires en cours, parfois aussi, mais jamais seul le soir chez soi, curieusement.
Reconnaître un khâgneux, c'est simple : il a un bouquin dans les mains, des cernes sous les yeux, un sourire usé sur les lèvres. Elle est belle, l'élite de la France ...
Sur ce, je vous laisse, Lucien et Quinte-Curce m'attendent dans le boudoir, Pantagruel ne devrait plus tarder, puis dîner mondain chez Poincarré. Bonne nuit ...
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