Je hais les dimanches.
Comme je l'expliquais il y a deux jours, entre un cours de latin et un cours de français, à ma partageuse-de-moka-blanc-au-Starbucks préférée, le dimanche c'est nul.
Je sais, il faut dire "je n'aime pas" et pas "c'est nul", mais le résultat, c'est toujours que le dimanche c'est le pire jour de la semaine. D'abord, c'est le jour où tout est fermé, dans la rue. Les boutiques de vêtements, d'ours en peluche (oui parce que dans mon quartier, la moitié des bou- tiques, c'est femmes enceintes, bébés, et peluches, faut le savoir), c'est fermé. Les boulangeries sont fermées, t'as pas le réconfort d'aller chercher un croissant que tu retournes manger caché sous ta couette parce qu'il fait à nouveau froid, après l'été du mois d'avril (ma grand-mère a accusé les "saintes glaces", apparemment ce sont les "saints de glace", ceux qui font les geler les petites pousses toutes mignonne du printemps, mais après lesquels c'est bon, tout pousse bien, y'a pu rien qui meurt de froid. Voilà pour la parenthèse culturelle). Et même les supermarchés sont fermés. Alors tu peux même pas décider de sortir et de visiter les trois supermarchés qui entourent ton appart, genre "oh tiens, j'ai sûrement besoin de shampoing, je vais sortir voir si par hasard ils n'en ont pas en promo", réutilisable pour le dentifrice, les brosses à dents, à cheveux, un peu tout en fait.
Et comme le dimanche, comme tout le monde le sait, est le seul jour de répit des étudiants, apa cours. Pas de cours auxquels assister, pas de courses réelles ou fictives à aller faire, pas de raison valable de se motiver pour se lever, s'habiller, agir. Pire, dimanche, c'est aussi le jour où les adultes ne travaillent pas. Chez moi, en tout cas, c'est comme ça. Donc pas de réveil qui sonne, pas de porte qui claque à huit heures, rien pour sortir la famille de la léthargie dans laquelle elle s'englue. Mais des pa- rents qui traînent autant que les enfants, pour faire semblant de rattraper leurs heures de sommeil manquantes, motif supplémentaire pour ne pas se lever mais aller comater avec eux devant n'importe quelle stupidité à la télé.
Bref, dimanche, aucune raison de se lever, mais en plus, une fois que la raison a pris le pas sur la paresse, rien à faire. Rien d'autre que le cortège d'activités intérieures, révisions de concours, de contrôle de maths, diapo- rama à finir pour le lendemain, compta à régler et malades à appeler, cuisine vaisselle ménage, activités utiles mais intérieures. Le dimanche, il manque à la vie un vent qui viendrait du dehors, qui pousse à sortir, à se promener, à voir des gens. À vivre ?
Et quand le physique ramollit, le cerveau prend la relève. L'imagination, la réflexion, on se perd dans des méandres de rien du tout, ceux que j'essaie d'éviter en temps normal et qui me rattrapent ces jours de grisaille morale. Et je pense... à lui, qui est censé être rentré au bercail pour la journée, avoir quitté son Berlin estudiantin, ne pas avoir le temps de passe à la maison, qui réussit à me pourrir les pensées même quinze jours après notre dernières discussion, j'ai l'impression de me complaire dans la complainte, alors j'arrête, je pense... au concours, aux partiels, à la fac, aux facs, à l'agreg, au conservatoire, à plus tard, à au secours je suis encore petite je ne veux plus grandir, mais ça me fait un peu peur, alors j'arrête, je pense... plus à rien, j'arrête, c'est tout.
Le dimanche, c'est mauvais pour ma santé.
***
Je sais, il faut dire "je n'aime pas" et pas "c'est nul", mais le résultat, c'est toujours que le dimanche c'est le pire jour de la semaine. D'abord, c'est le jour où tout est fermé, dans la rue. Les boutiques de vêtements, d'ours en peluche (oui parce que dans mon quartier, la moitié des bou- tiques, c'est femmes enceintes, bébés, et peluches, faut le savoir), c'est fermé. Les boulangeries sont fermées, t'as pas le réconfort d'aller chercher un croissant que tu retournes manger caché sous ta couette parce qu'il fait à nouveau froid, après l'été du mois d'avril (ma grand-mère a accusé les "saintes glaces", apparemment ce sont les "saints de glace", ceux qui font les geler les petites pousses toutes mignonne du printemps, mais après lesquels c'est bon, tout pousse bien, y'a pu rien qui meurt de froid. Voilà pour la parenthèse culturelle). Et même les supermarchés sont fermés. Alors tu peux même pas décider de sortir et de visiter les trois supermarchés qui entourent ton appart, genre "oh tiens, j'ai sûrement besoin de shampoing, je vais sortir voir si par hasard ils n'en ont pas en promo", réutilisable pour le dentifrice, les brosses à dents, à cheveux, un peu tout en fait.
Et comme le dimanche, comme tout le monde le sait, est le seul jour de répit des étudiants, apa cours. Pas de cours auxquels assister, pas de courses réelles ou fictives à aller faire, pas de raison valable de se motiver pour se lever, s'habiller, agir. Pire, dimanche, c'est aussi le jour où les adultes ne travaillent pas. Chez moi, en tout cas, c'est comme ça. Donc pas de réveil qui sonne, pas de porte qui claque à huit heures, rien pour sortir la famille de la léthargie dans laquelle elle s'englue. Mais des pa- rents qui traînent autant que les enfants, pour faire semblant de rattraper leurs heures de sommeil manquantes, motif supplémentaire pour ne pas se lever mais aller comater avec eux devant n'importe quelle stupidité à la télé.
Bref, dimanche, aucune raison de se lever, mais en plus, une fois que la raison a pris le pas sur la paresse, rien à faire. Rien d'autre que le cortège d'activités intérieures, révisions de concours, de contrôle de maths, diapo- rama à finir pour le lendemain, compta à régler et malades à appeler, cuisine vaisselle ménage, activités utiles mais intérieures. Le dimanche, il manque à la vie un vent qui viendrait du dehors, qui pousse à sortir, à se promener, à voir des gens. À vivre ?
Et quand le physique ramollit, le cerveau prend la relève. L'imagination, la réflexion, on se perd dans des méandres de rien du tout, ceux que j'essaie d'éviter en temps normal et qui me rattrapent ces jours de grisaille morale. Et je pense... à lui, qui est censé être rentré au bercail pour la journée, avoir quitté son Berlin estudiantin, ne pas avoir le temps de passe à la maison, qui réussit à me pourrir les pensées même quinze jours après notre dernières discussion, j'ai l'impression de me complaire dans la complainte, alors j'arrête, je pense... au concours, aux partiels, à la fac, aux facs, à l'agreg, au conservatoire, à plus tard, à au secours je suis encore petite je ne veux plus grandir, mais ça me fait un peu peur, alors j'arrête, je pense... plus à rien, j'arrête, c'est tout.
Le dimanche, c'est mauvais pour ma santé.
***
Publicité