Mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs...

Publié le par Pattes


Mon frère est rentré à 23h30 du ciné, hier.
Veille de bac blanc de français, et leur prof ne trouve rien de mieux à faire que les emmener au cinéma. Apparemment c'était bien, une projection de Metropolis, mais le "Reposez-vous bien pour le bac blanc de demain" qu'elle a lancé avant de les quitter était -je trouve- d'assez mauvais goût. Il est donc arrivé à la maison à 23h30, crevé... et avec le biographique à réviser, et avec une conscience aigüe des deux semaines à venir, au planning surchargé de concours blancs, oraux de TPE, contrôles dans toutes les matières, et de concerts d'orchestre et d'auditions de violon.

Ce matin, moi je voulais dormir. Enfin dormir, me lever à 9 heures, quoi. Rien de faramineux. À ce que j'ai su après coup être 7h10, j'ai entendu du mouvement dans la chambre à côté -celle de mon frère-, puis la voix de ma mère. Qui lui disait qu'il était l'heure, qu'il devait se lever pour réviser son français avant d'aller au lycée, qu'il se dépêche, qu'il avait dit hier qu'il se lèverait plus tôt pour ne pas avoir à le lire à minuit. Et pas de réponse de mon frère. Plus de bruit, j'ai tenté de me replonger dans mon rêve interrompu.

Puis la voix de ma mère, en train de pleurer. Les nerfs qui lâchaient, qui disait qu'elle s'était levée à 6 heures pour lui un des seuls jours où elle peut dormir, qu'elle en pouvait plus, plus de lui, plus tout court. Mon frère qui l'envoyait bouler. Puis la voix de mon père en train de hurler. Lui ordonnant de se lever, disant qu'il nous pourrissait la vie à tous, hurlant encore qu'il sorte du lit, repartant, revenant et hurlant qu'il ne s'assoie pas sur le lit mais qu'il en sorte comme il lui avait demandé.

Je suppose qu'il a dû finir par se lever, je me suis rendormie. Mais c'est vrai qu'il pourrit la vie de tout le monde. Ma mère, ce n'est qu'une question de semaines avant qu'elle craque vraiment. Mon père n'en peut plus non plus. Moi, j'ai déjà assez de pression avec ma vie personnelle sans avoir à en rajouter avec lui. Et pourtant, c'est ce qu'on fait sans cesse. Ma mère fait sa bio, mon père son anglais, moi son latin. Je ne crois pas que je bossais autant, en Première.

Certes je n'étais pas dans le même lycée, certes les TPE n'étaient pas obligatoires, certes j'étais au Conservatoire du quartier et pas à celui de Cachan, certes je ne faisais pas grand-chose. Mais je n'étais pas débordée en permanence, mais je ne me couchais pas à une ou deux heures du matin parce que j'avais fait des programmes en OpenGL avant d'envisager de bosser, mais je ne crevais pas tout le monde en sortant la veille de la rentrée ou la veille au soir des devoirs massifs à faire. Certes j'oubliais mes dix exos de maths, mais pas de lire le premier livre des Confessions de Rousseau et Manhattan Transfert de John Dos Passos pour le lendemain.

Je ne sais pas comment il fait, mais il faut que ça cesse, ou on va tous y passer.
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P
Bon courage, apparemment c'est pas évident à lire ^^
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M
ah ! Manhattan Transfert, je dois le lire aussi pour la semaine prochaine ! Bonne continuation...
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