Praxitèle, c'est que du bluff.

Publié le par Pattes


Ce soir, c'était le vernissage de l'exposition Praxitèle au Louvre.

Je ne remercierai jamais assez Erwan de m'avoir fait découvrir la carte Louvre Jeunes l'an dernier, depuis -et au grand dam de mes parents- je sors à chaque expo, je suis à tous les vernissages, je me culture. Bref Praxitèle ce soir, invitation pour deux personnes, j'ai proposé à Blanche de m'y accompagner, entre hellénistes rien de plus logique.

Elle a hésité, ayant précédemment rejeté la même demande faite par sa mère, mais a fini par me céder, et c'est dans le froid printanier que nous avons marché jusqu'au lieu de nos désirs. Premier coup de bluff, exposition sur Praxitèle, on s'attend à voir des oeuvres de lui. Alors en réalité, comme c'est très vieux, Praxitèle, il n'y a qu'un socle de statue et une mini-statuette de lui, ou presque.

Le reste de l'exposition est constitué de copies plus ou moins réussies, mais toutes énormes - "colossales". Colossale, ça fait à peu près deux mètres, je pense. En tout cas, plus grandes que moi, et un corps en conséquence. Grand sujet d'étonnement de notre part, les formes des corps humains. Praxitèle et ses copieurs ont, comme il se doit, représenté majoritairement des dieux et des déesses.

Parmi ceux-ci, il a visiblement une nette prédilection pour Artémis/Aprhodite (la fameuse "Vénus d'Arles") et Héraclès/Asclépios/un satyre. Et aussi visiblement, ila un discret problème de proportions : toutes ses statues féminines ont un buste de lutteur, un dos en conséquence, et la taille colossale, donc, alors que les statues masculines ont un ventre de femme, une musculature invisible, des tresses, et font un mètre vingt.

Je suppose qu'il y a une explication rationnelle à cette différence de traitement, cependant notre impression globale en sortant de l'expo fut que sans les corps dénudés, nous aurions eu bien du mal à savoir quelle statue représentait une déesse et laquelle un dieu. La preuve en est que devant un Dionysos fort barbu, nous nous sommes rendues compte que sans sa pilosité faciale des plus fournies, il avait strictement le même visage qu'Artémis.

Artémis, d'ailleurs, devant laquelle nous sommes restées fixées plusieurs minutes pour tenter de démêler en quoi la première copie avait l'air plus sereine et la deuxième plus inquiète. Enfin, s'ils le disent... Dans le même genre d'idées, nous avons appris toute la gamme des néologismes formables à partir du pauvre Praxitèle. Entre praxitélien, praxitélisant, et leurs frères et soeurs, il a été gâté.

Je suis mauvaise langue, on a été un peu déçues, mais c'était pas si mal.

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Publié dans ¡ Prépa pawaaa !

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