Bon bon bon. Intertextualité, donc.

Publié le par Pattes


Demain, dissert de lettres. L'avant-dernière de ma prépa. La dernière avant le concours blanc.

Enfin le un sujet que j'aime, la lecture, l'auteur, le lecteur, l'oeuvre, l'intertextualité. Le sujet où on peut parler des oeuvres qu'on a vraiment lues, qu'on aime réellement, et pas uniquement de celles qui sont utiles en terme d'exemple.

Quand Monsieur Mon Prof a dit avant les vacances : "Lisez Eco, l'article de Barthes dans l'Encyclopédie, Compagnon, des oeuvres, les Palimpsestes de Genette, ce que vous voulez", je n'avais pas compris que ça voulait dire : "Je vous impose de lire Compagnon, le reste c'est moins important."

Aujourd'hui, il nous a répété juste avant la fin du cours -déjà fort écourté par le concours blanc des KM qui ne voulaient plus quitter la salle- d'avoir lu Compagnon pour demain. "Compagnon", c'est Antoine Compagnon. "Lire Compagnon", c'est lire le Démon de la théorie, apparemment la Bible de l'intertextualité et de l'analyse des principaux concepts qui s'y raccrochent.

On m'a dit plusieurs fois depuis la rentrée que "le Démon de la théorie, c'est pas très marrant à lire, mais au moins on comprend ce qu'il raconte, pas comme dans Lector in fabula, avec tous ses calculs là, c'est compliqué". Alors déjà, moi j'ai aimé Lector in fabula. Peut-être parce que j'ai l'esprit plus scientifique que littéraire, mais appréhender le lecteur comme un modèle à atteindre et analyser les types de textes et les rapports auteur-lecteur par des calculs, ça m'amuse.

Les Palimpsestes, par petites doses, ça m'amuse aussi. Voir glisser le sens de la parodie, recopier les tableaux sur une petite fiche pour pouvoir les compléter avec les détails précédents ou postérieurs indispensables à la compréhension, à la limite c'est presque drôle, si on dépasse le stade des néologismes un peu... peut-être pas superflus, mais qui alourdissent la lecture.

Mais le Démon de la théorie, du coup, je n'ai même pas tenté de le lire. D'autant que la belle Blanche m'a très gentiment sa fiche sur le sus-nommé. J'ai essayé de me garder du temps avant tard ce soir pour le lire, ou au pire pour parcourir la fiche qui m'a l'air bien faite. Sauf que je voudrais relire La Guerre de Troie n'aura pas lieu, ça sera mon exemple de théâtre, et j'aime la pièce.

Donc je pense que je vais finir par lire la fiche de Blanche, et garder dans un coin de tête (je ressens plus ma tête comme une tirelire-cochon -les tirelires des enfants-, avec tout son contenu irrésistiblement attiré au centre qui se mêle dans un chaos indescriptible, mais maintenons l'illusion du rangement) l'idée de lire un jours sérieusement le Démon la théorie.

Cela restera certainement un de ces voeux pieux de lecture que je fais couramment, et qui ne se réalisent que dans de très rares cas. Ceux où je m'accroche parce que cette oeuvre, je veux la lire. Comme In cold Blood de Truman Capote, dont je maintiens depuis la sortie du film sur la vie de Capote que je lirai. Et je le ferai.

En attendant, demain je citerai Claude Simon, le cheval crevé qui est sans cesse présent dans le texte et revient tel une image obsédante et lancinante, le texte qui se bâtit à partir de la mémoire du narrateur et du lecteur... et Giraudoux, avec ces deux répliques qui me font sourire.

                  HECTOR : Laissons les guerres, et laissons la guerre...
               Elle vient de finir. Elle t’a pris un père, un frère, mais
               ramené un mari.
                  ANDROMAQUE : Elle est trop bonne. Elle se rattrapera.

(La Guerre de Troie n'aura pas lieu, I,3)

Andromaque qui se plaint à Hector dans l'Iliade de n'avoir plus de père ni de mère, et dit que ses sept frères ont été abattus par Achille en un seul jour. Andromaque qui dit à Hector : "Hector, tu es pour moi tout ensemble un père, une digne mère; pour moi tu es un frère autant qu'un jeune époux." (Chant VI, v.429-463).

Giraudoux le cultivé qui fait des références incessantes à l'Antiquité, à Homère, mais tout autant à la vie, à celle qui occupe chacun de nous quelle que soit son époque. Giraudoux dont j'ai lu presque toutes les oeuvres. Dont j'ai aimé Amphytrion 38 (et quel bel exemple d'intertextualité !) et Électre, dont j'ai dévoré Ondine. Sans condition.

Demain, j'essaie de lui faire comprendre dans mes mots que la littérature est mon premier amour.
***

Publié dans ¡ Prépa pawaaa !

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P
J'espère qu'elle s'est mieux passée pour toi que ma dissert de lettres... Et qu'elle n'a, le cas échéant, qu'une importance toute relative.
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C
demain, je fais l'avant-dernière version latine de ma vie... amuse toi bien !
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