Char, c'est l'avenir. Ou pas.

Publié le par Pattes


"Le poème est l'amour réalisé du série demeuré désir". Dixit Char. Amusez-vous, c'est à rendre demain.

J'ai passé une grande partie de mon week-end à chercher des articles là-dessus, parce que Char c'est LE poète-dont-je-me-sers-jamais-parce-que- je-comprends-pas-ce-qu'il-dit. Un week-end presque entier (minus le samedi matin passé torturée par une version de grec et soir où j'étais pas chez moi) à tourner en rond à pas trouver de plan ni d'exemple satisfaisant, au bord de la crise pendant et à la fin du repas, genre vers 21h.

Et là pouf, un texto. Bon, du coup j'ai rappelé, hein, d'autant que j'avais envie de lui parler. Et non on est pas dans un film (parfois j'aimerais), mais pourtant kékicépacé ? Bah on a parlé de ma dissert (entre autres, mais un certain temps, quand même), chacun allongé sur son lit, et re-pouf ! en une heure j'avais retrouvé de la volonté pour la faire, cette affreuse dissert de l'affreux Char. Je suis passée d'un trou noir de désespérance à une motivation neuve pour ce sujet, merci toi.

Lundi, on est déjà lundi, demain à 10h15 précises je suis censée rendre mes trois copies ("pas plus je corrige pas sinon parce que c'est pas réaliste que vous ayez le temps en six heures d'écrire plus de trois copies doubles"), je vais m'y mettre pour de bon, je viens de rentrer de cours, j'ai torturé la documentaliste pour réussir à emprunter deux recueils de Char (et Biffures, de Leiris, je suis contente, j'aime bien Leiris et j'aime bien le style de ce bouquin, ça me fera de la lecture quand j'aurai fini Harper Lee), j'ai plus de raison de tergiverser (c'est notre philosophe-roi qui emploie tout le temps "tergiverser", je sais pas trop pourquoi).


Chronique d'une dissert de lettres, lundi soir.

19h j'ai commencé à manger tout de suite en revenant du lycée, me suis fait une assiette de semoule trouvée dans le placard, bon, en me disant que ça allait me faire une coupure dans la journée, oui parce que ce matin j'avais cours quatre heures dont deux de philo, joie, il nous a fait un sermon sur les absents de mercredi (dont moi mais je suis absoute, j'étais malade), ce midi j'ai préparé ma colle d'option histoire, je suis allée en cours d'anglais cet aprèm, où j'ai fait mon interro de voc, puis j'ai passé ma colle (10, je savais pas qu'il fallait faire un commentaire composé, moi ... enfin), j'avais besoin d'une pause.

20h03 ma pause est enfin finie, j'ai traîné sur le net trop longtemps, j'aurais pas dû, maintenant je suis toujours à moitié motivée mais surtout je commence à fatiguer, j'ai sommeil, mes yeux commencent à picoter, je sais que dans quelques heures ils vont brûler, je vais devoir me shooter au café puisque le coca me fait plus d'effet, à la vitamine C, mais la nuit c'est un peu violent, il reste la solution du thé, du moment que ça me dope un peu pour tenir cette nuit, j'aime pas ça mais il va falloir.

21h15 je voulais avoir fini mon plan à 21h, c'est raté, en plus ma mère vient de rentrer, elle s'allonge sur mon lit pour me parler, on se raconte nos journées, je suis heureuse ce soir, j'aime ce que je fais, j'adore être entourée de feuilles de bouquins de textes , à chercher dedans à lire souligner surligner tracer mon chemin de pensée là-dedans, pour aboutir à un enchaînement logique des idées et des théories et des oeuvres.

22h07 depuis que ma mère est arrivée, je suis déconcentrée, je tourne un peu dans tous les sens, mais ma dissert avance quand même, mon plan se forme et se déforme, ma première partie que je pensais être la seule claire s'avère nulle, ma deuxième partie foisonne je sais pas comment je vais faire tenir tout ça en 3 sous parties seulement, ma troisième partie part dans tous les sens un peu, mais surtout j'arrive pas à atteindre l'essence de ce que je veux dire. Il me reste encore à trouver des exemples détaillés.

22h51 je sors de la cuisine, ils étaient en train de manger alors je suis venue bosser là-bas, j'ai fini les poireaux à la crème d'hier et je suis repartie avec une cuillère de miel, ça me change les idées pendant que je travaille, ma troisième partie commence à s'organiser, il me reste la première à revoir complètement, je n'ai toujours aucun exemple, j'ai passé presque trois heures sur mon plan et il est toujours pas fini, je me demande à quelle heure je vais mettre le point final à la rédaction.

23h19 dilemme, soit je fais mon plan là et je cherche mes exemples au cours de ma rédaction, c'est ce que je fais à chaque dissert à la maison, ça me prend 5-6 heures de rédiger, soit je fais un plan béton avec les exemples déjà choisis et les vers recopiés ou imprimés, et je rédige demain midi et pendant la philo, ça va me prendre 3-4 heures pour la rédaction, mais ça implique que je lui rende en retard, je suis pas sûre qu'il aime, d'autant que le conseil c'est lundi prochain, et ça prend beaucoup plus de temps pour faire le plan, à moins que je cherche les exemples pendant son cours de français demain, mais c'est risqué, si jamais je trouve pas tout, faudra que je passe du temps au CDI à fouiller dans le mitterrand, je me sens pas de faire ça, en fin de compte je vais déjà faire un plan, je déciderai après pour les exemples, en fonction de l'heure.

23h51 mon plan a pas trop avancé, je l'ai un peu touillé mais je suis rapidement allée surfer pour me détendre et faire semblant comme si que la réflexion avancerait toute seule sans moi, parce que j'ai pas de problématique et que là d'un coup ça m'apparaît essentiel, d'habitude j'en ai pas trop mais là ça va pas le faire sans, je sais pas pourquoi je le sens comme ça, mais j'ai peur que si je réfléchis à une problématique je me rende compte que mes parties c'est du grand n'importe quoi et que je retombe dans ma dépression week-endiale, j'ai envie d'aller dormir, faut vraiment que je me prenne par la main et que je résolve cette histoire de problématique et de plan, pas le droit d'aller me coucher tant que c'est pas fini, les exemples je verrai pendant son cours et puis c'est marre, avec tout ce qu'on a vu l'an dernier ça devrait suffire, et rédaction demain midi, j'espère qu'il va pas me tuer parce que je la rends pas dans les temps.

00h10 j'ai vraiment plus aucune motivation, plus j'écris cette fichue problématique plus je patauge, j'aurais dû réussir à m'y prendre plus tôt, elles m'agacent ces filles de la classe à prendre un air embêté pour répondre que oui elles ont fini la dissert pendant les vacances mais elles veulent pas en parler elles ont tout raté, alors qu'elles vont une fois de plus majorer, je voudrais seulement réussir à pondre quelque chose, quoi peu importe maintenant, juste élaborer ce plan et aller dormir je vais mourir de sommeil, je dis ça tous les soirs et je suis toujours vivante, si je mets ça dans ma copie peut-être que ça l'intéressera non, j'ai les yeux qui brûlent ça y est, c'est le début de la fin.

00h23 je viens de me rendre compte qu'on est le 16, du coup j'ai téléchargé le "veuillez trouver ci-joint le bordereau des pièces justificatives" à envoyer avec les dites pièces aux gens du concours que sinon même si ma dissert est finie à temps et tout (c'est pas possible, mais faisons comme si, pour les besoins de la démonstration) je pourrai pas passer le concours parce que j'aurai pas témoigné que je suis d'accord avec tout et que je suis bien moi, dur dur.

00h36 mon dernier contact msn vivant vient de se déconnecter, je déteste ces nuits de dissert de français où même les irréductibles de msn partent avant moi, je vais aller me coucher, j'ai pas de problématique, ma deuxième partie demande à être réorganisée, la troisième à être étoffée et rebâtie, j'ai la sensation d'être passée complètement à côté de la première, on peut pas limiter Char à du lyrisme amoureux, c'est stupide, c'est rater tout un pan du problème, le mien de problème c'est que je le vois pas ce pan, mais là tout de suite j'en m'en fiche, je vais aller me coucher, j'ai fait un tas avec mes feuilles de brouillon stabilotées (pourquoi stabilo ça fait stabiloter et pas stabiloser ?) et les bouquins que je vais emporter demain avec moi, une anthologie de la poésie depuis Baudelaire, j'aurais dû commencer par lire ça pendant les vacances, c'est complet comme bouquin, les Onze études sur la poésie moderne de Jean-Pierre Richard, les deux oeuvres de Char que j'ai piquées au CDI, Les Matinaux et Recherche de la base et du sommet, et les dossiers de mes cours de l'année dernière que je compte réutiliser, et le paquet des poèmes qu'on a étudiés en cours l'an dernier toujours et dans lesquels je vais piocher demain pour mon lot d'exemples de rigueur, pyjama et ça sera bon, j'aurais dû me coucher y'a une heure, vu ce que j'ai pas avancé après minuit, je la finirai demain midi, cette dissert, ou mercredi matin aussi s'il veut bien qu'elle attende jusqu'à vendredi, j'aime pas toujours tout remettre à plus tard (procrastination, un des mots préférés de ma grand-mère quand j'étais gamine, maintenant que je sais que cras c'est demain il me fait moins peur ce mot), mais là je vais y passer sinon.


Il est 00h50, 'night all.

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Publié dans ¡ Prépa pawaaa !

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P
Merci !Le gros problème sur la poésie, c'est qu'il ne nous pas encore fait de cours dessus ... alors nous les cubes, on se débrouille à partir de os cours de l'an dernier (madame si vous passez par là (on sait jamais), je vous aime, vos cours me manquent), mais je sais pas comment font les carrés ...Et Char, quand j'essaie pas de comprendre, je trouve ça plutôt joli ...
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C
j'aime beaucoup Char, j'aime beaucoup ce fragment, mais j'aurais été bien embêtée pour le traiter en sujet de dissert ... en plus les dissert sur la poésie... bof bof bof !Bon courage pour le finish en tout cas !
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P
En fait j'avais perdu la feuille, pendant ma réflexion, je viens de la retrouver, voilà donc ^^"Expliquer et discuter cette définition que René Char propose du poème : " Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir" (Fureur et mystère, Seuls demeurent, Fragment XXX)"J'aurais peut-être eu moins de mal si j'avais su d'où été tirée la citation ...
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C
Dissert à rendre demain. Grand III qui patauge...En tout cas cet article correpond bien à un blog de khâgneuse ! C'était quoi le blabla qui accompagnait la citation ? Bon courage en tout cas.
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