À chaque fois je me fais avoir.

Publié le par Pattes


On s'était pas parlé depuis le 25 novembre. Plus d'un mois sans nouvelles, je commence à m'habituer, en fait, après sept mois sans se contacter, mais ça fait toujours un petit pincement au coeur de voir qu'on s'est à ce point éloignés.

Je le sais, pourtant, que j'arrive jamais à te comprendre, qu'à tous les coups je me prends une grande claque. Et à chaque fois je me fais avoir. J'arrive toute contente de te voir enfin connecté, a priori disponible, en théorie willing to talk to me, de me raconter ce qui va, ce qui ne va pas, comment tu t'en sors, si tu as déménagé, si la vie avec tes collocs est toujours aussi difficile.

Ce soir, t'as répondu, j'étais encore plus heureuse, genre "oh merveilleux il s'est même pas déconnecté à la seconde où je suis arrivée, c'est un grand jour". Enfin répondu ... au bout de cinq bonnes minutes, quoi, au lieu des dix secondes habituelles "avant". T'sais, avant quand on s'appelait tous les jours.

Pis bon répondu ... ouais, t'as répondu que t'avais pas le temps, que tu me parlerais "plus tard, enfin un autre jour". Merci, prends-toi ça dans la face. J'ai attendu longtemps avant d'oser te parler, ce soir, en me disant que j'aurais mal à un moment ou à un autre. Gagné, dès le début.

C'est gentil d'avoir compris que j'allais bien, quand je t'ai dit qu'on faisait aller. Punaise, grand-père sait pas comment je m'appelle ni qui je suis, mais sisi, tout va bien, merci de t'inquiéter pour moi. Sympa aussi de pas répondre quand je t'ai demandé comment toi t'allais. Parle de ta connexion, change de sujet, je verrai rien.

Et encore, là c'était que de la mise en forme. Après t'as attaqué avec les grands moyens. ''Ouais ouais on peut se voir, j'ai du temps en mars''. En mars ? Tu te fous de qui, là ? Et vas-y que t'ajoutes un petit smiley contrit pour bien remuer le couteau dans la plaie, mars c'est loin. Et essaie pas de me faire croire que tu regrettes, hein.

Mars, oui, parce que t'es déjà rentré. T'avais pas dit que tu restais deux semaines en France, nan ? Qu'on se verrait ptet ? Oui bah pour ça, il aurait fallu que je sache que tu partais aussi vite. Moi j'arrive la bouche en coeur pour te dire que j'ai envie de te voir, et toi tu me lâches la porte dans le nez, ah nan hein désolé, chuis à Berlin là ça va pas être possible, une prochaine fois peut-être ?

Et ça te serait pas venu à l'idée de me contacter quand t'étais là ? Nan parce que vu que t'as plus de portable et que tu sais bien que ton fixe, j'ose pas l'utiliser de peur de tomber sur ta mère ... moi il me reste plus que msn pour te voir, skype à la limite, mais là nan, t'as trouvé plus amusant de pas te connecter de la semaine. Genre t'as pas de connexion chez toi, tu veux faire croire ça à qui ?

Merci d'avoir souligné qu'elle était bien, ta semaine en France, avec "du fromage et pleins d'autres choses". D'abord, on met pas de "s" à plein quand c'est pas un adjectif. Ouais, je sais, ça aurait été plus utile de te le dire à toi, et pas au blog. Plus mesquin aussi, et j'avoue, j'en ai pas eu la force.

Pas mal aussi, le coup de me dire au revoir pendant le temps où j'étais face à mon clavier, en train de me dire "nan, il a pas osé, il est pas parti comme ça sans avoir prévenu, c'est pas possible". Parce que si, c'est possible. La preuve.


À chaque fois je me fais avoir, j'oublie que quand je te parle ça fait mal, je te fais confiance, et je me blesse à nouveau. Merci, hein, c'est beau l'amitié.




Bande-son :
Zigeunerweisen (Op. 20, No. 1) - Sarasate
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