Tard dans la nuit.

Publié le par Pattes

Elle avait envie de dormir tôt, d'être couchée à 21h30.
Un peu déprimée, non pour être honnête juste mal. Problèmes généraux, soucis particuliers, disputes âpres, fatigue accumulée. Vide à pleurer, elle en avait envie d'ailleurs. Mais c'était une grande fille, une grande fille ne pleure pas dès qu'elle ne se sent pas bien, ça ne change rien, elle le savait.
Elle aurait donné beaucoup pour sentir des bras rassurants autour d'elle, des mots sans suite et sans grand sens qui réconfortent, paroles murmurées, presque incohérentes, mais si consolantes. Quelqu'un qui lui montre que tout va bien, que rien n'est grave, qu'elle a un peu d'importance dans ce monde, ne serait-ce que pour une personne. Mais la chambre restait vide, le silence n'était rompu que par ses pensées qui voguaient à leur gré dans la semi-obscurité qui l'entourait. Elle rêvait à autre chose, un nouveau départ, une fuite pour un ailleurs impossible. Elle ne dormirait pas cette nuit, une fois de plus, elle le sentait. Elle sombra, partit dans un monde de chaleur et de douceur, créant artificiellement et pour si peu de temps l'avenir qu'elle attendait désespérément.
La lumière crue jaillit. Lui brûla les yeux. Elle ne cria pas. Ne pas lui faire ce plaisir. Ne jamais plus lui céder. Faire front, sembler heureuse, épanouie, humaine. Même choquée au plus profond de son être, heurtée, déchirée. Mentir au monde en le regardant en face. Paraître, jouer son rôle bien sagement, comme les autres, ne pas rompre l'illusion par un faux mouvement. Tromper, charmer, souffrir, s'enfermer en soi toujours plus. Se blesser, peut-être. En finir avec cette duplicité. Qualis artifex pereo, juste un murmure dans la nuit.
Et le silence.
*
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article