Pourquoi ? Juste pourquoi ?

Publié le par Pattes

Je sais pas ce qui se passe en ce moment.
Entre lui qui perd son père, une autre sa tante, elle qui apprend que sa tante a un cancer ... elle (que certes je connais moins bien) qui a semble être entourée de cadavres ...


Et maintenant, j'apprends qu'une connaissance très sympathique a un cancer du sein métastasé. Bilan de ma mère : dans deux mois, elle est morte. Je trouve ça injuste, elle est super gentille Fatimah, elle est douce, timide, un peu effacée, intelligente ...

Et en même temps, j'ai envie de la frapper. Ca fait deux ans qu'elle se sent fatiguée, qu'elle a des douleurs, elle en avait déjà parlé avec quelques personnes qui lui disaient de consulter, et apparemment elle leur disait oui sans y aller.
Je veux bien qu'elle soit timide, que culturellement ça la gêne de se faire examiner. Mais quand on est dans cet état là, on fait quelque chose, au lieu de partir subitement se faire hospitaliser en disant "c'est peut-être la dernière fois qu'on se voyait, priez pour moi".

Le pire, c'est peut-être cette façon qu'on a tous de la voir déjà condamnée. il y a toujours un espoir ou presque, non ? Même là, en écrivant, plusieurs fois j'ai dû corriger mes "elle était". Non, elle n'est pas morte, lundi elle passe sur le billard, elle a encore une chance, même si elle s'y est prise bien trop tard, même si elle semble condamnée.



Et maintenant, j'ai l'impression que ma grand-mère aussi perd la tête. Elle fait de plus en plus de gestes curieux, inexplicables, qu'elle n'aurait jamais faits avant. Elle a des réctions de gamine de cinq ans. Elle se bute sur ses positions, même fausses (surtout fausses), elle qui a toujours été particulièrement sensible au raisonnement.
Elle change, je sais que c'est naturel vu la vie qu'elle a en ce moment, mais pourquoi dans ce sens là ? Je sais qu'elle ne peut se confier à personne ou presque, quoiqu'on l'écoute tant qu'on puisse, que ce n'est pas toujours évident de garder grand-père tout le temps, qu'elle aimerait bien sortir et continuer à vivre aussi.

Je sais aussi que c'est dur pour elle. Mais c'est également dur pour nous. À la maison, en ce moment, tout le monde va mal. Oui, bien sûr, l'état de grand-père empire rapidement, effectivement il n'arrive presque plus à marcher, reste persuadé que je suis sa fille et n'assimile toujours pas qui est mon père.
Oui, bien sûr, mamie ne sait plus coudre correctement et fait des plis bizarres, cuisine toute la journée pour avoir quelque chose à faire, et plutôt moins bien qu'avant, n'assimile plus ce qu'on lui dit, oublie des éléments qui n'ont pas changé depuis des années, se comporte en enfant parfois.

Et à qui puis-je en parler ? À Ed certes, on en a parlé ce soir, mais qu'est-ce que ça change ? Il est encore petit pour moi, même si je sais que c'est faux, il est plus grand que ce que je veux bien voir, mais il reste mon petit frère, fragile, très sensible, à protéger.
À lui, mais il est loin, ne répond presque jamais, et la situation entre nous est trop ambigüe pour qu'il puisse être d'un réel soutien, même s'il est le seul à les avoir connus tous les deux, à connaître assez bien ma famille pour savoir comment réagir.
À quelqu'un d'autre, oui, mais ça ne m'aidera en rien. Il leur manque la connaissance de trop de faits plus ou moins imperceptibles pour qu'ils puissent comprendre. Au fond, je ne demande que du soutien, mais sans le formuler. Au fond, j'ai juste besoin d'un câlin. Tant pis.



Ce soir, malgré tout, une bonne nouvelle. Ce soir, je suis une femme.

Je sais que ce n'est pas du tout la bonne formulation, que ça peut fortement prêter à confusion, aller jusqu'au contresens, mais tant pis. Qui me lit est censé me connaître assez bien pour savoir que certaines choses ne peuvent pas arriver. Et ne le sont pas, d'ailleurs.
Alors je garde cette phrase ici, pour être certaine de toujours me rappeler ce moment. Merci pour les sourires de vous deux qui avez compris l'importance de ce moment. Ca m'a fait du bien de voir que vous vous souveniez de tout ce que ça impliquait pour moi.

Premier pas vers un autre pas plus important. Le plus vite sera le mieux. Par exemple, pendant les grandes vacances. Là ce serait bien, la prépa sera terminée et fera partie de mon passé, j'aurai eu le temps d'avancer un peu. Voire beaucoup. Dans tous les cas, je sens que je bouge. Et tant mieux, si ma tête a décidé de se réveiller maintenant, autant en profiter pour foncer, et vraiment changer.
Et le monde peut bien penser ce qu'il veut, ce n'est plus mon problème. Resteront mes vrais amis, ceux qui pourront détecter la nature du changement, ceux à qui j'en parlerai parce qu'ils peuvent comprendre. Et resteront ceux qui demeureront de très bons copains. Ce qui n'est pas plus mal en soi ...

La vie ne peut pas être parfaite, ici, maintenant. Alors faisons avec ce qu'on a, sans oublier que tout pourrait être bien pire, même si le pessimisme ambiant n'a jamais été une solution.



Via, son' partita. Valete.
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