Et c'est reparti pour un tour ...

Publié le par Pattes

Retour attendu de notre cher professeur de lettres classiques, aujourd'hui. Effectivement, trois jours d'absence, c'est douloureux, en prépa. Surtout si l'on tient compte de l'intelligence de notre emploi du temps, qui groupe toutes nos heures avec lui sur deux malheureuses journées.


Je regrette qu'il n'ait pas tenu compte de ma (pourtant brillante) proposition d'horaires pour rattraper les neuf heures perdues : puisque nous finissons le jeudi soir à dix-huit heures avec lui, et recommençons le vendredi à huit heures avec lui, j'ai évoqué l'idée d'ajouter deux nouvelles heures de cours de dix-huit à
vingt heures.
Puis un repas commun afin de restituer l'ambiance spartiate de l'époque, avant de reprendre à vingt-deux heures les sept heures restantes entrecoupées de deux pauses au cours de la nuit, ce qui nous mènerait à sept heures. Le tout nous accordant une heure pour nous préparer et déjeuner avant la reprise habituelle des cours à huit heures.
Mon idée n'a suggéré, et je m'en étonne encore, aucun enthousiasme chez mes condisciples ni chez mon bien-aimé professeur. Faisant fi de mes réflexions, il a préféré nous rendre nos versions latines du samedi seize.

Brillantes, comme prévu. Une somme de ... une élève qui a la moyenne. Et un nombre effrayant de victimes qui écopent de la brillante note de un : 19 malheureux doivent en ce moment-même sentir le rouge de la honte consumer leur visage baigné de larmes.
Cela semble justifier le mail de désespoir envoyé à Monsieur notre professeur de lettres (en attendant de pouvoir l'appeller notre "collègue et néanmoins ami") après la lecture de nos copies. Mais ne vous affligez pas pour si peu, Monsieur, gardez vos douleurs pour la fin de l'année, lorsque vous verrez le peu de progrès effectués par la plupart d'entre nous.
Ceci dit cette journée laisse place à un sourire de ma part : avec un cinq en latin, je me retrouve cinquième des trente-cinq latinistes de ma classe ... Et j'ai eu droit, cadeau estimé à sa juste valeur, à cette phrase qui me va droit au coeur : "Vous voyez bien, Mathilde, vous n'êtes pas dans les bas-fonds", agrémentée d'un immense sourire de la part de celui qui est, je crois, le professeur auquel j'ai voué le plus de respect au cours de ma scolarité ...



C'est donc une bonne journée. Reprise de nos heures d'option, les plus fatigantes mais peut-être les plus intéressantes. Quoique discuter de l'évolution du roman entre les dix-sept et dix-huitième siècles ou de la présence d'avatars des faisceaux romains en France ait son charme également ...
La prépa, ça reste fatigant, mais somme toute enthousiasmant ... dans les deux sens du terme. Après tout, pour tenir le rythme qu'on nous impose, un peu de délire mystique et dionysiaque n'est jamais de trop. La semaine prochaine, rendez-vous au Starbuck du coin après la version de grec de l'après-midi, ça ne fera de mal à personne ...
Ce qui met le doigt une fois de plus sur la différence entre les deux lycées où j'ai fait mes armes. En hypokhâgne, avec cet esprit de compétition si caractérisque des "grands lycées", cette scission entre les futurs-admis et les déjà-recalés du "haut de la mon-
tagne", une telle sortie n'aurait pas même été envisagée.

Mais ici, tout est possible, tout est réalisable, un esprit de classe - en lequel je ne croyais plus il y a à peine une quinzaine de mois - revit. Tout comme les élèves. Comme dirait l'autre, "élisez des délégués représentatifs de l'esprit de votre classe, de l'impression que vous voulez véhiculer".
Trouvez-moi quelqu'un qui sourit tout le temps, sauf pendant
ses coups de fatigue. Quelqu'un qui n'est ni bon ni mauvais, qui aime à la fois soutenir et se faire soutenir. Qui dialogue avec ses professeurs sans se laisser marcher sur les pieds, mais sans insolence.
Trouvez-moi l'incarnation du lycée et de la vie littéraire, sans pour autant lui imposer de surcharge mentale ou émotionnelle. Sans qu'elle soit obligée de porter le poids de la classe sur ses épaules, et celui des versions en retard à distribuer. N'importe quel khâgneux motivé fera l'affaire, en fait ...


J'aime ce lycée ...






Dans la catégorie "bonne humeur", demain, je mange avec lui ^^



Publié dans ¡ Prépa pawaaa !

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"Je regrette qu'il n'ait pas tenu compte de ma (pourtant brillante) proposition d'horaires pour rattraper les neuf heures perdues : puisque nous finissons le jeudi soir à dix-huit heures avec lui, et recommençons le vendredi à huit heures avec lui, j'ai évoqué l'idée d'ajouter deux nouvelles heures de cours de dix-huit à vingt heures. Puis un repas commun afin de restituer l'ambiance spartiate de l'époque, avant de reprendre à vingt-deux heures les sept heures restantes entrecoupées de deux pauses au cours de la nuit, ce qui nous mènerait à sept heures. Le tout nous accordant une heure pour nous préparer et déjeuner avant la reprise habituelle des cours à huit heures."AH AH AH AH AH AH AH AH AH, j'adore !!! :DMoi je t'aurais soutenue si j'avais été là, je trouve l'idée originale et brillante^^ Quel bon moyen de rapprocher les troupes :)Et qui n'aime pas ce lycée d'abord hein ? ;)
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