Ca fait mal, et c'est normal.

Publié le par Pattes

Il n'est pas encore parti, et il me manque déjà.
Lui, ses petits rires, ses silences, sa façon de ne me dire que ce qui va chez lui, et de venir subitement vider son sac à la maison, ses problèmes, sa bonne humeur, sa cicatrice, son sourire, ses lunettes magiques ...

Sept mois sans se voir et tu réapparais subitement dans ma vie - pour mieux repartir ? C'est long et c'est loin où tu vas ... Oui, j'ai dit que j'irai te voir, bien sûr je le ferai - mais ...

Ca m'a fait bizarre de te revoir après tout ce temps, tu n'as pas changé. Tu bouges toujours pareil, c'est le même parfum, les mêmes regards, la même réserve ... C'est toujours toi, et c'est ça justement qui creuse un trou dans mon coeur.
Oh ne t'y trompe pas, je suis heureuse, comme je le suis depuis des années, que tu aies confiance en eux autant que moi et qu'en moi, que tu les considères ... comme ta famille je crois.
Mais ça m'a fait mal de découvrir un peu de tout ce que tu m'as caché - non, pas "caché", seulement "pas dit" - pendant ces sept mois. Certes ce n'est pas vital de savoir que tu t'es mis au piano, mais ça m'aurait fait plaisir que tu penses à moi. Que tu saches que tu pouvais - devais - m'appeler quand il y eu une complication pour ton opération.

J'étais inquiète, tu sais. Et je le suis toujours. Bien sûr que c'est une fuite salvatrice que tu fais. Je ne le nie pas, je t'encourage même dans cette voie, tu ne peux plus rester ici. Mais te voir vieillir, ou plus exactement comprendre subitement que tu n'es plus si jeune, ça fait un choc.
Comme si d'un coup je voyais que maintenant notre différence d'âge commence à compter, que tu pars, que tu changes, que tu vis ta vie. Ca fait bizarre de se dire que ce petit garçon que je voyais est un homme, qui assume et qui s'assume ...
Tu crois qu'on gardera les mêmes contacts quand dans "un an et demi, par là, je m'installe, tout seul" ? Et surtout quand dans "deux ans - non, deux ans et demi plutôt, voilà, je m'installe, mais à deux" ? Ca m'a fait plaisir de voir ton sourire presque enfantin quand tu as dit ça, mais j'aurais été plus heureuse si tu n'avais pas eu au même instant les yeux pleins de larmes.

T'es comme mon grand frère, et même si on ne se voyait plus beaucoup, t'étais là, à côté, on en avait la possibilité matérielle ... Là où tu pars, c'est loin. Et je déteste l'idée que tu sois seul là-bas. Je sais, je sais, tu ne seras pas seul. Mais ça ne change rien pour moi. Tu vas me manquer ...


Peut-être que maman a raison, en fait. Peut-être qu'on se verra plus souvent si tu pars, parce que ça aura provoqué un déclic. Peut-être qu'on s'appellera toutes les semaines, comme avant - avant, quand on se voyait déjà toutes les semaines. Avant, quand on était encore petits. Avant, quand tu étais toujours là.

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