La politique, c'est pas évident.

Publié le par Pattes


Hier, LE grand débat Sarko-Ségo. Enfin.

Loin de moi l'idée de faire de la politique ici, autant j'aime bien débattre de vive voix, autant je déteste qu'on s'affronte quand ce n'est pas le lieu de le faire. Bref, le débat hier. Le dernier du genre remontait donc aux avant-dernières élections, puisqu'en 2002 il n'avait pas eu lieu entre M. Chirac et M. Le Pen. Et en 1995, j'étais trop petite pour jubiler à l'idée d'un affrontement sanglant -euh, d'un débat dans le respect de l'autre disais-je, entre les deux candidats à la présidentielle.

"Respect", un des mots qui ont rythmé la rencontre hier. Mme Royal le réclamait souvent, M. Sarkozy lui répétait qu'il lui accordait. Bon moi je ne suis pas politicienne, j'ai choisi de faire khâgne, j'aurais pu faire Sciences Po, mais non. Alors je ne me mêle pas de ce que je ne comprends pas toujours, simplement hier j'ai compris quelques choses.

D'abord, quand l'un des candidats affirme que la part du nucléaire dans la production d'énergie française est de 50%, et que l'autre lui rétorque qu'elle n'est que de 17%, comment moi, simple citoyenne lambda, puis-je savoir lequel des deux a raison ? Je peux me renseigner, certes. Alors je l'ai fait, mais ce n'est toujours pas très clair dans ma tête. Si j'ai bien compris, "Le taux précité de 17 % correspond à la part globale de l'énergie nucléaire dans la production mondiale d'électricité", mais "Dans le cas de la France, le taux de couverture des besoins énergétiques nationaux est ainsi passé de 22,5 % en 1973 à plus de 50 % en 1997", d'après l'Encyclopédie de l'Agora. Du coup, quand Mme Royal déclare qu'en France la part de nucléaire n'est que de 17%, elle a tort ? Dans ce cas, il est risqué pour elle de renvoyer M. Sarkozy a ses papiers ("vous reverrez le dossier"), non ?

Tout ça ressemble à un immense jeu de quitte ou double, ou chacun essaie de couler l'autre en limitant la casse de son côté. De la même façon, quand l'une reproche à l'autre d'avoir supprimé des postes, et que l'autre lui répond que le gouvernement a déplacé les responsabilités, et que donc si les postes ont disparu du budget de l'État, c'est parce qu'ils sont apparus dans celui des régions, qui croire? Quand l'une affirme que les subventions pour les pôles de compétitivité ne sont jamais arrivées, et que l'autre rétorque que chacun les reçues, qui croire?

Tout ce que je vois, moi, c'est que Mme Royal a passé son temps à tenter de ne pas répondre aux questions, que M. Sarkozy comme les journalistes lui ont demandé par plusieurs fois de bien vouloir répondre à la question posée. Que je ne sais pas si les mesures que  M. Sarkozy propose sont applicables et efficaces, mais qu'au moins il en propose, ça vaut peut-être le coup d'essayer, face à Mme Royal qui la plupart du temps répondait qu'elle attendait la conclusion des "débats participatifs" pour pouvoir annoncer un chiffre, une idée, et qu'elle ne prétend pas imposer une solution avant d'être élue.

Ressortent de tout ceci, dans mon esprit, la maîtrise excellente du candidat de l'UMP face à la pression, aux attaques plus ou moins voilées, le flou qu'a soigneusement cultivé sa concurrente, la maîtrise à peu près parfaite dont celle-ci a également fait preuve, excepté au moment de sa "colère saine" pendant laquelle, ne l'oublions pas, ses nerfs n'ont pas lâché, et elle ne s'est pas énervée, juste mise en colère.


N'empêche, indépendamment de toute politique, je me demande dans quel état ils en sortent, de ces débats de plus de deux heures, à bâtons presque rompus, à s'attaquer mutuellement sur leurs programmes, leurs idées. Politicien, c'est quand même pas évident, comme métier. Professeur(e, yuck) de latin, c'est quand même plus tranquille. Et hop, plan de carrière tracé, merci Monsieur, merci Madame, je sais ce que je veux faire de ma vie, maintenant.
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Publié dans Gouzi gouzi (vrac)

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